"Nous vous avions laissée en décembre dernier, lors de l'Euro en Suède, où vous prépariez vos examens en école de kiné. Comment cela s'est-il passé pour vous depuis?
Plutôt bien. J'ai réussi à combler mon retard petit à petit après l'Euro et, à la fin de mes rattrapages, j'ai validé mon année. Cette dernière a été très dure et je suis soulagée d'avoir réussi. Ce n'était pas facile de concilier le hand et les études. J'avais un emploi du temps très serré avec des journées souvent trop courtes pour pouvoir tout faire. Heureusement, l'école, la Fédération et mon club m'ont bien aidée en me faisant sauter des stages ou regrouper des cours. Cela s'est terminé à la phto-finish, mais finalement, j'ai un pied dans l'école.
Votre reconversion acquise, comment va se dérouler la suite de votre carrière?
J'ai décidé de faire ma deuxième année en deux ans pour pouvoir me consacrer plus longuement au hand, et notamment aux Mondiaux et aux JO. Je vais pouvoir maintenant lever le pied au niveau des études pour assurer.
Vous allez donc pouvoir vous recentrer sur le hand, avec Bègles. Comment abordez-vous cette troisième saison avec le club?
Ici, c'est un beau challenge à la fois sportif et personnel pour ma reconversion. L'équipe travaille, se structure, sans se précipiter. Nous évoluons petit à petit vers le haut de tableau. Le groupe des internationales est revenu assez tard et nous avons pris du retard au niveau du jeu collectif. Mais nous avons un bon groupe, aussi bien en qualité qu'en quantité avec un recrutement de jeunes joueuses ambitieuses. Nous avons terminé 7ème la saison dernière, notre ambition est de faire aussi bien cette année en championnat.
Un championnat qui sera tronqué près de trois mois pour cause de Championnats du monde...
C'est une bonne chose, je pense. Certaines jeunes de l'équipe sont arrivées en retard sur la préparation physique à cause des championnats d'Europe. Ce sera le bon moment pour peaufiner l'équipe et étoffer le groupe.
A trois mois des Mondiaux, comment jugez-vous l'équipe de France?
Nous avons bien travaillé fin août avec une préparation physique. Nous avons perdu le deuxième match contre le Brésil, mais j'ai senti un groupe motivé. Vous savez, des Championnats du monde, cela se joue à pas grand-chose: un ou deux buts, des ballons qui rentrent ou pas... Nous allons jouer notre carte à fond et, avec un peu de chance, je l'espère, nous allons essayer de rapporter une médaille. Si possible la plus belle.
Vous serez à domicile. Avantage psychologique ou pression supplémentaire?
Je dirais que c'est à double tranchant. Nous aurons nos familles, nos amis et plus de monde pour venir nous encourager ou... nous critiquer! C'est une pression supplémentaire, mais une pression qui peut nous emmener très haut.
Un championnat du monde en France, cela devrait aider le handball féminin à se développer...
Quand on voit tout l'argent que l'on met derrière le rugby par exemple, on se dit que l'on ne joue pas encore avec les mêmes armes. Pourtant, il y a eu un effort de communication de la part de la Fédération et je pense que, quoi qu'il arrive, il ne ressortira que du positif de ce championnat pour le hand. L'essentiel est de produire du beau jeu pour satisfaire le public.
Après les Mondiaux, les Jeux Olympiques à Pékin. Vous commencez à y penser?
Pour l'instant, ce sont les plus les Championnats du monde qui occupent l'esprit. Pour nous, les JO, ce sera une prolongation d'un super Championnat du monde. Pour certaines filles, ce sera leur troisième participation. Pour moi, ce sera la dernière compétiton internationale et elle aura une saveur particulière. Nous avons toutes envie de nous qualifier et de terminer sur le podium.
L'après hand se prépare déjà pour vous?
Il me reste beaucouo de choses à faire, j'ai encore tout mon temps. Après les JO, je prendrai ma retraite internationale et j'entamerai ma phase de reconversion. Mais, à Bègles, il me reste encore de belles années devant moi. J'ai longtemps touché au très haut niveau. Aujourd'hui, j'ai d'autres objectifs.